Le dompteur de bayarts (2)
Reyshan mit un genou au sol et enfonça son épée dans la terre. Il posa délicatement son sac, sortit une solide corde tressée, puis se releva sans quitter l’animal des yeux.
Les deux adversaires se trouvaient à vingt mètres l’un de l’autre. Ils se défiaient du regard. De longues secondes s’écoulèrent sous un vent froid et piquant qui sifflait comme un dément…
La bête racla la terre avec une de ses pattes, souffla bruyamment une épaisse fumée, puis s’élança au galop, martelant le sol qu’elle faisait trembler dans un fracas assourdissant.
La charge aurait terrifié le plus valeureux des guerriers, mais Reyshan ne bougeait pas. Il attendait, confiant.
La créature s’arrêta brusquement à deux mètres de lui, se cabra sur ses pattes arrière, battit l’air avec ses sabots, et ouvrit grand sa gueule, prête à cracher une langue de feu.
Vif comme l’éclair, Reyshan créa un bouclier invisible que les flammes jaillissantes léchèrent bruyamment. La lumière était aveuglante, brûlante…Le guerrier mage faisait face, bras tendu en avant, maintenant avec effort le sort qui le protégeait… Et la bête crachait, encore et encore… Et Reyshan était couvert de sueur …
La bête cessa soudain, et le guerrier mage en profita pour bondir sur son dos. Il lança sa corde autour de son cou, la tenant fermement à un bout, et rattrapa avec aisance l’autre extrémité. Il serra la corde et la créature se mit à ruer violemment, tentant avec rage de l’éjecter, lançant sa queue pour le frapper. Mais Reyshan était solidement accroché, penché en avant pour éviter les coups, ses jambes serrant comme un étau les flancs de l’animal.
Le duel se poursuivit pendant de longues heures, aucun des deux adversaires ne semblait renoncer… Duel âpre et brutal… L’un luttait pour sa liberté, l’autre pour sa fierté.
Au couché du Soleil, le combat cessa. La bête exténuée cessa de ruer et inclina la tête en signe de soumission. Reyshan caressa alors son cou, et d’un léger coup de talon, lui signifia d’avancer. La bête obéit, se laissa diriger jusqu’à l’épée plantée en terre et s’accroupit à côté.
Reyshan ramassa son sac et son arme. Il intima à la bête l’ordre de se relever, porta son regard vers le ciel et brandit triomphalement son épée. Le bayart était dompté.
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